Tu crois que la vie c’est un blog ?

22 septembre 2013

VMG testPour commencer un grand merci pour tous ceux qui se sont inquiétés de ma semaine d’absence bloguesque, la vérité étant moins fun qu’un enlèvement extraterrestre : c’est bien un clavier très défectueux le coupable (et une flemmingite aigüe). Pourtant, j’en ai des choses à raconter…

D’ailleurs, je réalise que j’en aurais presque trop. Le fait est qu’après 2 ans de VMG, un constat s’impose : bloguer change les gens. Du moins, cela change quelque peu ton rapport aux choses et à la vie. Tu ne me crois pas Lecteur ? Bouge pas, je m’en vais te le prouver par A+B (= la tête à Toto, dans mon cas du moins).

  • Les stats deviennent une mauvaise habitude. Quand on commence à bloguer, on devient rapidement accro à ses statistiques (je vous rassure, je suis toujours aussi nulle en maths et suis incapable de calculer en croix) et aux commentaires. Pourquoi ? Car ils traduisent ta popularité (certaines blogueuses vous diront qu’elles n’ont pas de faille narcissique, ce qui est bien la preuve qu’il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur le Net). Avec l’expérience du blog, on arrive à transposer ça dans la vie. Tu checkes le nombre de likes sur FB, de retweets, ton score sur AUM (hey, 68 000 points en 3 mois, yes !) ou tu comptes le nombre de personnes qui rigolent quand tu sors un bon mot (spontané peut-être, mais toujours travaillé). Pathétique ? La blogueuse aime qu’on l’aime et qu’on lui en donne la preuve.
  • Tu essaies constamment de réécrire l’histoire sous le meilleur angle. Attention, je ne dis pas que ce que je raconte est faux (si seulement…ça me soulagerait d’un poids !), seulement, tu t’es créé un pseudo, une ligne éditoriale, un ton et tu as un lectorat fidèle (merci les gens). Du coup, quand tu parles à tes amis et que tu leur racontes un peu ta vie, ça devient très vite « Bisounours Acide à l’Olympia, le One Woman Show de la fille qui a bouffé un clown un soir de positittude ». Comment ça tu leur racontes ton dernier licenciement et ce n’est pas censé être drôle ? Avec DarkGally/Pasd’Bol, on se fend tous les jours la poire !
  • Tu oublies parfois qu’il n’y a pas d’écran dans la vraie vie. Là, c’est le pire travers qu’une blogueuse puisse développer (j’en ai pris conscience vendredi, vous dire combien c’est foutu pour moi). Quand tu blogues, en humeur en tout cas (eh oui, je suis une humeuriste humoriste…dieu rien que de l’écrire je m’amuse toute seule), tu t’épanches un peu. Tu offres au tout venant des détails sur ta vie personnelle qu’à une époque tu aurais hésité à confier à tes propres amis. L’écrit est une catharsis tellement facile (en plus tu as les stats, c’est un cercle vicieux qui te pousse à continuer vu que ta vie semble hyper intéressante). Là où ça peut vite déraper, c’est lorsque tu en viens à appliquer ça dans la vie. Oui, Lecteur, parler à la vendeuse du Monop qui encaisse tes yaourts de tes doutes et tes dernières anecdotes (« Mais pourquoi il rappelle paaaaaaas ? Hein ? Pourquoi ? Il veut me revoir à votre avis ? ») est pour le moins inapproprié (histoire totalement fictive évidemment…pour la petite histoire j’ai gagné une nouvelle copine qui m’a supplié de lui raconter la suite de mes aventures à mon prochain passage en caisse). A quand mes confidences au boucher ou au mec du SAV de Free ? Ce n’est qu’une question de jours. Avant j’étais pudique et timide…mais ça c’était avant !
  • Tu es drôlement spontanée. Continuité du point précédent, comme blogueuse, tu as l’habitude des réseaux sociaux et de l’instantané. Tout, tout, tout ce qui te concerne est de la plus haute importance et mérite d’être annoncé au monde entier. Ton nouveau vernis, ce que tu as mangé/vomi, la sieste de tes chats, ton bobo au doigt. Le risque est de faire pareil une fois la souris posée. Car, il faut le dire, tout ne mérite pas d’être raconté (encore moins à n’importe qui). Non, dire à un groupe d’inconnus « J’ai pas fait la lessive, j’ai pas de culotte ce soir » (testé et désapprouvé) ou à ce buraliste supra méga sexy « Hey, ce soir je vais picoler comme un trou et parfois je vomis partout », ne fera jamais de toi la star de l’endroit ou un modèle fascinant à suivre (ni ne poussera le buraliste supra méga sexy à te proposer de sortir un soir). Ok, les gens rigolent…plus souvent de toi qu’avec toi.
  • A contrario, tu caches l’essentiel. Justement car tu dis tout, mais surtout quand ça peut être drôle ou constituer un fait digne de publication. Mais tu as tellement l’habitude d’être lue par tout le monde que tu en protèges tes états d’âme et ta fragilité. On sait tous qu’il faut protéger son âme un minimum (et moi plus que les autres, j’en ai peur), mais savoir qu’on est exposée sur Internet t’incite à te protéger davantage dans la vie réelle et de plus en plus rares sont les personnes à qui tu demanderas de l’aide ou qui auront la possibilité de voir des larmes à travers les rires parfois forcés. Super DG c’est toujours toi, mais c’est plus dur à assumer quand tu rêves de poser ta tête sur l’épaule de quelqu’un et de mettre enfin ton âme à nu sans faux-semblants.
  • D’ailleurs, tu parles à tellement de monde que tu en oublies les gens ! A quoi ça sert de contacter les amis ou la famille pour leur donner directement des news ? Ils ont Internet, ils ont le lien du blog alors quoi ? Oui la popularité rend un peu coconne ermite (co-ermite ? Kermitt ? Yes, je suis enfin un Muppet !)
  • Tu ne sais plus comment agir avec de nouvelles rencontres. Sur le blog, tu es 100% toi. Et je l’ai dit, le blog rend impudique, trop spontanée mais te rend prisonnière du rôle dans lequel tu t’es toi même enfermée (ça reste totalement toi, mais seulement une partie de toi vu que tu planques le reste comme Raiponce dans sa tour). Obligatoirement, cela a une incidence sur ta façon de te comporter avec un inconnu, encore plus s’il te plaît. Tu ne lui diras pas sincèrement que tu as envie d’être avec lui (d’un autre côté, il y a vraiment des gens qui font ça ? Et ça marche ?), mais tu auras le mérite de le faire rire (ou fuir, plus encore s’il te lit car il peut craindre que tu racontes ta vie et la sienne au passage). Homme qui rit à moitié dans ta vie ? Ha ha (c’est ma façon de dire « même pas en rêve »). Après, réussir à doser sincérité, humour et séduction, c’est un talent (encore plus quand on a pas le physique qui va avec).
  • Dans la même lignée, tout devient sujet à article. Ben oui, ta life est tellement palpitante qu’elle mériterait d’être enseignée au BAC. Il se passe n’importe quoi que tu as envie d’en faire une œuvre (sachez qu’hier j’ai mangé un bouillon. Je peux vous le raconter et je pense que Spielberg est déjà sur le coup).

Bref, vous l’aurez compris, VMG a pas mal changé ma façon d’être, sans pour autant transformer fondamentalement ce que je suis (mais peut faire fuir les gens, ce qui est une explication de base à mon célibat qui dure, qui dure…) Comme toutes les addictions, une fois que tu plonges, il est difficile de revenir en arrière et de retrouver l’essentiel de son être en toute simplicité (encore moins en pleine staritude).

Sur les paquets de clopes est écrit « Fumer tue »

Sur WordPress on devrait mettre en gros « Bloguer rend dingue » !

Rendez-vous sur Hellocoton !