Video killed the radio star

19 octobre 2011

simpson_radiographie.jpgInterruption des programmes ce mercredi. Pas d’itw, pas de news insolite, pas de bavardages…nada ! Pour quelles raisons ? Aujourd’hui, j’ai dû passer ma radio préopératoire !

 

Comment se passe une radio de ce genre ? Assez simplement ma foi. On prend rendez-vous, on arrive un peu plus tôt pour s’enregistrer à l’accueil, on suit l’infirmière pour la préparation, on s’installe, le médecin vous injecte un liquide opacifiant directement dans l’intestin (et quand je dis « dans l’intestin », je parle bien de glisser une sonde dans l’orifice de l’intestin qui vous sort du ventre après une stomie), la radio bouge un peu, prend des photos et l’on vous dit « au revoir madame » avant de partir.

 

Simple non ?

 

Ok, maintenant je vais vous raconter MA radio du jour…

 

Je me lève à 8h, ce qui est tard pour un travailleur mais vraiment tôt pour moi (qui me réveille à 4h tous les jours pour me rendormir à 7h). J’arrive à 9h45 à l’accueil, mon rendez-vous étant à 10h. Je prends mon ticket et…j’attends, j’attends, j’attends…

 

Je demande l’heure à la dame à côté de moi : 10h23. Soudain, c’est le drame. La poche, lasse d’attendre décide de me donner un peu d’action ! Je sens un blop blop bizarre, je glisse un doigt sous mon collant et ressort…vert et gélatineux. C’est la fuite (et une moche). Je fonce dans les toilettes, j’éponge ce que je peux avec du papier, c’est la guerre ! Comme je suis prévoyante, j’ai une autre poche dans mon sac. Sauf que mon appareillage fout le camp ! Comme je suis prévoyante, j’ai un deuxième appareillage dans mon sac. Mais pas de ciseaux ! Ce qui est quelque peu indispensable pour adapter l’appareillage à l’intestin (en gros, il faut couper un trou de la même taille, sinon, ça ne rentre pas). Le système D du désespoir fonctionne : je fais une grosse boule de papier que j’installe sous la partie de l’appareillage qui fuit, et je maintiens à la main. Très classe en public. Mais bon, Napoléon est bien représenté la main sur l’estomac, moi ça sera la main sur la poche.

 

10h30, c’est mon numéro, je m’enregistre et je retourne m’assoir.

 

10h40, une infirmière m’appelle et m’installe. Je lui parle de ma poche et la supplie de me donner une paire de ciseaux et des compresses. 5 mn passent et enfin, bonheur, je peux changer tout ça. Je me sens propre et fraîche !

 

Je m’installe sur la table de radio. Je suis bien, on m’a mis un gros coussin, un petit matelas, un drap, c’est le grand luxe.

 

On m’insère ensuite la sonde dans l’intestin en me prévenant que j’ai déjà fait les pires examens et que ça ne fait pas mal.

 

Un conseil, si un médecin vous dit qu’un examen ne fait pas mal, pensez à vous droguer avant ! Les médecins, c’est tous des menteurs !!!

 

En fait, il parait que ce n’est douleureux que lorsque l’intestin spasme. J’ai donc un intestin qui spasme, là, comme ça, juste aujourd’hui pour rire.

 

On m’a donc injecté une tonne d’eau au coup par coup via mon minuscule trou de stomie (à un moment je me suis demandé si on me l’arrachait) et j’ai senti tous mes intestins se remplir à fond et se tendre. Et pour que tout circule correctement, on m’a priée de me mettre dans diverses positions : sur le dos, sur le côté, sur l’autre côté, assise, sur la tête, en brouette thaïlandaise… Toujours avec cette sensation très agréable de l’intestin sur le point de se rompre.

 

Bien sûr, cela a pris du temps, un intestin c’est très long, c’est sinueux et il faut bien que le liquide explore le tout. Seulement voilà, il semblait particulièrement aimer mon intestin grêle. Je vous informe d’ailleurs que mon intestin grêle a forcé l’admiration du médecin ! Ca vous la coupe hein ? J’ai un très bel intestin grêle ! Je vous donne donc la preuve que la beauté vient bien de l’intérieur.

 

Ca, c’était la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que la seule image qui nous intéresse dans mon cas, c’est le côlon. Or, malgré des intestins saturés de liquide opaque, ça ne descendait pas. La raison ? ma cicatrisation d’intestin qui aurait rétréci un peu le conduit (je vais me marrer, moi, après l’opération). La seule solution étant l’attente, je suis restée immobile sous la clim de la radio en priant intérieurement pour que ça s’arrête vite tant j’avais mal.

 

D’ailleurs, j’attire votre attention sur le courage que vous me prêtez constament. Honnêtement, j’ai eu des tas d’examens depuis un an. Parfois des trucs atroces. Je suis venue ce matin dans l’idée qu’une radio, c’était vraimen
t pour les petits joueurs. Eh bien, pendant la radio, très honnêtement j’aurais été capable de vendre toute ma famille pour que ça s’arrête vite, ou d’avouer n’importe quoi ! On pense donc qu’avec la maladie on augmente son seuil de douleur…dans mon cas c’est le contraire ! Durant tout l’examen, je me suis demandée comment j’avais pu subir tout le reste alors que cette radio m’était insupportable, et j’ai même eu des sueurs froides à l’idée que l’opération était proche et qu’on allait encore me piquer partout !

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas, en fait là, c’était la partie fun. Passons à la moins fun…

 

A force d’attendre, de me geler les miches et d’avoir les intestins douloureux, une sensation étrange a envahi mon corps : la sensation du « je crois que je vais être malade ».

 

J’ai commencé par être nauséeuse (d’un autre côté on ne cessait de me secouer et j’étais pleine d’eau…je suis connue pour mon mal de mer !). Ensuite, les sueurs froides sont venues (et j’étais glacée). Finalement, le malaise est venu (youhou), à la plus grande panique du corps médical. Comme j’étais livide, on m’a donné un peu de sucre (adieu régime). Et ce liquide qui ne se déversait toujours pas dans le côlon ! Tout ce que j’entendais c’est « encore 15mn, encore 15mn… »

 

Finalement, le médecin est revenu me voir pour m’expliquer que cela prendrait beaucoup plus de temps que prévu et qu’on m’installerait quelque part pour la prochaine demi-heure. Il était déjà 13h

 

Le médecin m’aide à me redresser et commence à me retirer la sonde et là…j’ai fait plus fort que David Copperfield êt Criss Angel réunis. J’ai un vrai talent de magicienne mais je l’ignorais avant ce matin ! En une seconde, j’ai réussi à faire passer un liquide bloqué au niveau du côlon dans la bassine collée devant ma bouche ! Magique ! Et tout cela avec un estomac vide et jamais sollicité ! Oyez Oyez, GarciBol défie les lois de la physique ! Promis, demain j’essaye le tour du sarcophage enflammé !

 

Remarquez, sympa le liquide. On aurait presque pu le confondre avec un diabolo citron (sirop chimique exclusivement). Enfin, je crois que les bulles et la mousse étaient dûes à ma bile…

 

J’ai dû recracher au moins deux grands verres quand, dans le même temps, des litres fuyait par mon intestin libéré de sa sonde (mais ma culotte en a absorbé une partie…manque de chance, je n’avais pas été prévoyante pour elle). Je tiens à vous déconseiller de faire la même chose que moi (ô fans que vous êtes), car le liquide, en fait, il n’est vraiment pas bon. Voire dégueu. Mais j’ai cru comprendre qu’il n’était pas censé être bu…

 

Complètement sur les rotules entre le malaise, la fatigue, le froid et le vomi, je demande au docteur si ce genre de chose arrive souvent. Tout ce que j’ai eu c’est « euh…ça arrive quand on injecte le liquide par intraveineuse, des fois les gens vomissent…mais c’est rare ». Je le savais, je suis unique !! Ou comment foirer un examen tout simple !

 

Mais l’histoire continue…

 

On m’installe, cul nue sur un brancard, avec la consigne d’attendre 30mn. J’attends, et je grelotte. J’ai les lèvres bleues (notez bien que cette année, pour moi, le bleu est le nouveau noir). 30mn passe, le médecin reprend une radio. Et…ce n’est toujours pas passé ! Eh non ! Et je vide des tonnes de flotte via ma poche.

 

On me reprogramme pour 16h ! Et comme je suis très très fébrile, personne ne prend le risque de me laisser partir. Il était 13h45.

 

J’ai donc passé une journée de rêve à attendre, tout en rendant beaucoup d’eau, toujours avec la tête qui tourne.

 

16h, il est l’heure ! Je monte sur la table. Adieu coussin, matelas couverture, on me pose illico sur la table en métal (un indice, le métal n’est pas un élément chaud). On prend deux photos, clic clac, l’affaire est dans le sac.

 

Le médecin revient me voir, bon, là c’est passé, mais c’est tout dilué donc on ne voit pas très bien. Mais il me tiendra au courant (des fois que je revienne) et m’invite à sortir.

 

Aujourd’hui, j’ai donc fait un magnifique 9h45/16h15 pour une radio qui ne prenait en fait que 15mn !

 

En sortant de l’hôpital, j’ai également réalisé que nous étions au mois de mars, je me suis retrouvée sous une magnifique giboulée (mais avec mes lèvres bleues, on me repèrerait de loin, pratique pour la sécurité).

 

C’est ça le truc, on passe des examens difficiles, une opération douloureuse, on fait toutes les complications et quand vient la fin…justement on croit que c’est fini ! La vie, ce n’est vraiment pas une histoire de bisounours, la galère continue.

 

On peut m’appeler de différents noms : Pasd’Bol, la galérienne, DarkGally, la Pintade Infernale, La fille qui n’a pas de pot, le génie du siècle, mon rhododendron d’amour…

 

…Je reste la Reine de la Loose !

 

Pour la peine, je mérite bien un vote !

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